Le journal intensif ® (deuxième partie)

Un chemin vers la découverte de soi -

Voici la deuxième partie de l’interview de Ira Progoff. Un regard en profondeur sur une approche de la découverte de soi, qui a aidé des milliers de personnes à exprimer pleinement leur potentiel.
(Lire la première partie)

Ce processus et sa méthodologie semblent assez complexe. Comment s’y prend-on pour l’apprendre ?

- Progoff : Ma longue expérience du Journal Intensif m’amène à dire qu’il est préférable de commencer à l’utiliser en participant à un séminaire. Ceci permet, d’une part, de se focaliser sur la situation actuelle de notre vie en écrivant dans notre propre Journal et d’autre part, de profiter du soutien et de l’énergie apportés par la présence des participants au groupe qui se penchent aussi sur leur vie, dans le silence de l’écriture. C’est aussi l’occasion d’apprendre toutes les techniques du Journal Intensif , y compris la méthode "feed-back". Le Journal est utilisé de façon autonome comme instrument de croissance personnelle et spirituelle.

(...) Le processus inhérent au Journal Intensif n’est pas vraiment compliqué. Il se base sur le contenu de notre vie et facilite ainsi la découverte du sens que nous lui donnons.

Pourriez-vous nous en dire plus sur la méthode "feed-back" ?

- Progoff : Dans la structure du Journal Intensif, il existe une distinction
fondamentale se fait entre les techniques "carnet de bord" et les techniques "feed-back". Les techniques "carnet de bord" nous font relater les faits de notre vie. Les techniques "feed-back" sont des exercices actifs qui génèrent l’énergie entraînant une transformation. Les effets du "feed-back" qui surgissent à plusieurs niveaux. En l’occurrence, lorsqu’on établi, sans jugement, un constat écrit des événements intérieurs et extérieurs de notre vie. En outre, apparaît le "feed-back" résultant de la lecture de ces constats, en silence pour nous-mêmes ou, à haute voix pour le groupe. Au bout d’un certain temps, une autre forme de "feed-back" devient possible : Après avoir accumulé plusieurs constats, nous pouvons relire pour nous-mêmes les constats que nous avons consignés dans les différentes sections. Cette expérience offre un moyen précieux qui nous permet de maintenir une vue d’ensemble de notre vie au milieu des mouvements et des changements. Les exercices de "feed-back" que nous faisons dans le Journal Intensif prennent comme point de départ les données brutes de notre expérience quotidienne afin de nous aider à progresser dans notre vie .

Vous avez indiqué que le processus inhérent au Journal Intensif aide à ramener à notre conscience des souvenirs inconscients. Pourriez-vous préciser comment cela se produit ?

- Progoff : Cela ressemble beaucoup à l’approche utilisée en psychanalyse pour évoquer des sentiments et des désirs oubliés ou refoulés. Dans un état de lâcher-prise, ils deviennent plus disponibles ; ils montent d’un fleuve souterrain. C’est pourquoi la méditation occupe une place importante dans le processus du Journal Intensif. Elle nous donne la possibilité de nous ouvrir à ce puits profond qui se trouve en nous. Le lâcher prise et le laisser "se produire" sont vraiment l’essentiel du processus. Nous façonnons notre existence dans des structures qu’il est nécessaire de découvrir pour réaliser le véritable sens de notre vie.

Y a-t-il des voies spécifiques pour contacter ce puits profond ?

- Progoff : La clé se trouve dans l’atmosphère qui est établie. Nous entrons dans la profondeur du puits en employant les techniques de la "Méditation d’accès" qui établit une qualité de calme qui génère les idées, les images et les prises de consciences nouvelles s’intégrant dans notre activité créative.

Croyez-vous que le processus du Journal Intensif puisse être un instrument efficace pour les personnes toxicomanes ou autres groupes comparables ? Pourrait-il les aider à surmonter leurs problème et changer leur croyances sur elles-mêmes ?

- Progoff : Oui, sans aucun doute. J’aimerais leur offrir une méthode qui leur permette de comprendre où ils en sont et vers quoi ils s’acheminent. J’ai l’impression que la plupart des gens qui deviennent dépendants de l’alcool ou de la drogue cherchent quelque chose, et ne savent généralement pas ce que c’est. Ils ont une faim spirituelle. Ils cherchent quelque chose qui puisse les aider à accomplir leur destin et à s’exprimer. Très souvent, ils n’ont aucune idée de ce que ce moyen d’expression pourrait être. Quand beaucoup de gens travaillent à l’accomplissement de leur véritable destin, la société s’améliore. Les individus deviennent plus entiers et acceptent mieux les autres. Ils prennent conscience de l’évolution des autres en tant que personnes dans un esprit de respect. Les exercices de dialogue peuvent aider chacun à établir une relation de dialogue avec d’autres personnes proches ou éloignées. De cette manière, le processus du Journal Intensif renforce l’amour et la fraternité, et il aide certains à affronter des problèmes tels que la dépendance.

Quelle est la meilleure période dans la vie d’une personne pour participer à un séminaire de Journal Intensif ?

- Progoff : Toutes les périodes sont bonnes, mais j’aime à dire aux gens que le processus est particulièrement bénéfique lors des périodes de transition. Souvent ce sera une période difficile de l’existence. Le processus est également efficace quand quelqu’un est confronté une décision ou en recherche d’épanouissement.

Faut-il s’intéresser à l’écriture pour utiliser efficacement son Journal Intensif ?

- Progoff : Non. Absolument pas. Des personnes de tous azimuts utilisent ces techniques. Les gens s’habituent rapidement au Journal Intensif. Des personnes sans formation particulière pratiquent efficacement les techniques du Journal. Ecrire est important pour avoir la possibilité de se relire et de développer le contenu grâce aux techniques du "feed-back".

Le Journal Intensif favorise-t-il les processus de changements immédiats, ou faut-il attendre longtemps pour en observer les effets ?

- Progoff : Cela dépend si la personne croit à un changement rapide et si elle est prête à le laisser s’opérer. A cet égard, un bon exercice consiste à entrer dans la section "Chemins empruntés et non empruntés" . En clarifiant la situation avec soi-même, un déclic peut se produire. Lors d’un séminaire, une participante s’est rendue compte qu’elle voulait être pianiste. Par la suite, elle a développé très vite sa capacité à jouer du piano, chemin non emprunté par le passé. C’est la force de la croyance qui l’a fait progresser aussi rapidement ...

Traduction : Françoise Bouchet et Didier Barbieux
Les ateliers sur le Journal Intensif ont lieu aux Etats-Unis, au Canada et en Europe.

- Lire la première partie de l’interview