Sept dispositions d’esprit pour incarner pleinement son potentiel et sa joie de vivre.

Par Prabhã Maillard Calderón et Bruno Maillard

Quoi de plus parlant que l’observation attentive d’un enfant de trois ans ou d’un adulte qui au quotidien, incarne naturellement son potentiel et sa joie de vivre… Selon les observations que nous faisons depuis de nombreuses années nous constatons « sept dispositions d’esprit » remarquables dans ces personnes

1.- Elles savent ce qu’elles veulent car elles sont à l’écoute de leurs désirs essentiels :
- Être à l’écoute des nos véritables désirs, nous permet de savoir ce que nous voulons vraiment. Nos désirs essentiels constituent des pulsions naturelles indissociables de l’Être.
Lorsque nous reconnaissons nos désirs essentiels, nous sommes curieux, ouverts et naturellement disposés à accueillir la vie, à accueillir les autres et les événements, quelque soient les circonstances. Dans cette attitude nous sommes capables de recevoir sans retenus autant que de laisser aller...
Nous avons tous, au moins à un moment de notre vie, entrevu le pouvoir créatif que cette disposition d’esprit nous donne, quelques soient les conditions difficiles auxquelles nous sommes confrontés.
Un enfant motivé par son désir essentiel, par sa pulsion de vie, peut dépasser ses propres limites dans le jeu et l’émerveillement de la découverte. À l’âge adulte, il est possible de redécouvrir ce plaisir créatif qui révèle naturel et librement, le meilleur de nous-mêmes.
Dans cet état d’esprit, la plénitude de chaque instant nous est perceptible en dépit des conditions défavorables, voir terribles…
« Nous en trouvons l’illustration chez des personnes de notre entourage tout comme parmi les figures les plus célèbres, par exemple : Viktor Emil Frankl, 1905-1997, professeur autrichien de neurologie et de psychiatrie, déporté avec sa famille en 1942, dans le camp de concentration de Theresienstadt, puis, en 1944 à Auschwitz. Durant 4 ans il a observé que les personnes, apparemment les plus fragiles, ayant développé une vie intérieure, survivaient mieux à l’horreur. Présent aux autres malgré la pénurie de tous moyens de faire son métier, il développa sa théorie du sens de la vie, la logo-thérapie, qui prend en compte le besoin de chacun de dépasser toute condition limitée et de partager sa sensation de l’existence. Ecoutant tout autant ses propres aspirations profondes que celle des autres, pour se maintenir debout, il focalisait son attention dans un rêve éveillé ; il s’imaginait parlant passionnément de ses travaux devant un large auditoire attentif… Après la guerre, il a accompli son rêve des centaines de fois et bien des années plus tard. J’ai fait sa connaissance à Caracas au Venezuela, puis au Mexique… son rayonnement et sa joie de vivre étaient extraordinaires ».

Quand notre attention est focalisée sur l’Être, nos réponses face aux aléas de l’existence sont globales et nos ressources sont présentes. Nous éprouvons une ardeur sans limites pour la vie et le fait qu’elle ne soit pas programmable, nous encourage encore plus à affronter nos peurs et dépasser nos limites. De cette disposition d’esprit découle naturellement l’écoute attentive de nos désirs les plus essentiels et l’abandon de ‘désirs conditionnés par les autres’.
‘Les désirs conditionnés’ sont très différents de nos désirs essentiels ; nous les ressentons lorsque incertains, nous nous sur-adaptons aux dictats -réels ou supposés- d’un conjoint, d’une famille, d’un patron, d’une société… dans l’espoir d’obtenir en retour un avantage illusoire tel que, par exemple, l’image de la reconnaissance ou l’apparence de l’affection...
À notre insu, ce détournement de notre attention et de notre énergie en faveur de bénéfices illusoires, nous empêche de sentir nos désirs propres, de sentir la vie en nous.
Les désirs conditionnés sont toujours associés aux concepts binaires tels que ‘succès et d’échec’, ‘peur et contrôle’, ‘incorrection et perfection’, ‘pouvoir et impuissance’, ‘dévalorisation et gestion d’une fausse image’… Ces notions nous poussent à investiguer, à créer, à produire, ou à donner l’apparence illusoire de l’amour, dans l’espoir non moins illusoire de chercher dans les autres la prouve de notre existence, selon la définition que nous entretenons de nous-même et dans l’espoir tout aussi illusoire, de soigner nos doutes existentiels.

2.- Ces personnes savent ce qu’elles ne veulent pas :
- Libres de toute influence ou conditionnement infantilisant, les personnes qui savent ce qu’elles veulent, « sont conscientes de ce qu’elles ne veulent pas ».
Pour déterminer ce que nous ne voulons pas, il est essentiel d’entrer en contact avec les « capacités inhérentes à notre véritable nature ineffable ».

  • La capacité de laisser aller tout jugement et toute définition de soi-même ; toute définition de soi, est venue de l’extérieur, des autres et elle a été adoptée inconsciemment, dans le passé.
  • La capacité de faire face aux faits concrets de notre vie, au moment présent ; cela est possible quand nous cessons de focaliser notre attention sur des interprétations arbitraires de la réalité, de soi et de l’autre.
  • La capacité de démanteler des mécanismes récurrents ici et maintenant ; quand nous cessons de nous identifier aux mécanismes de survie de notre ego, nous sommes vraiment présents à l’Être.
  • La capacité de cesser de demander aux autres, des preuves de notre existence ; par cette capacité nous cessons d’utiliser les autres comme béquille pour confirmer les définitions illusoires de ‘moi’.

Ces capacités nous permettent de constater qu’en dépit de tout jugement, face au rejet des autres et dans toute situation éprouvante, nous ne pouvons pas, ne pas Être.

Nous croisons parfois des personnes qui montrent ces capacités. Un exemple superbe est celui Galileo Galilei qui en suivant son intuition, a perfectionné la lunette astronomique, grâce à laquelle il a pu faire des observations confirmant la conception copernicienne de l’Univers (héliocentrisme).
Il a fait tout cela malgré le pouvoir de l’époque qui soutenait les partisans du géocentrisme et malgré l’église catholique qui s’arrogeait le pouvoir de vie et de mort sur les esprits libres et indépendants.

3.- Ces personnes ont développé leur autonomie :
- L’autonomie est la capacité de sentir que l’on est une personne unique qui évolue en totale interdépendance avec les autres et avec l’Univers. Les personnes autonomes savent et acceptent que personne ne puisse décider à leur place, que personne ne puisse vivre, aimer, mourir à leur place ; pas plus qu’elles ne peuvent vivre la vie de l’autre ou mourir sa mort.
La solidarité de fait entre tout être humain, n’implique pas que l’on puisse posséder ou se laisser posséder par autrui ou se confondre avec lui en le demandant de nous porter.
La joie de la découverte comme le chagrin de la séparation n’ajoute ni ne retire rien à l’Être universel qui nous constitue ; nous sommes seuls et interdépendants dans l’Unicité de l’Être.
Entant que personnes autonomes nous développons la position de « témoin non-jugeant » ; nous questionnons la vérité ou la fausseté des définitions que nous pourrons nous faire de nous-même ou des autres inconsciemment et des définitions que les autres pourraient vouloir nous imposer.

4.- Ces personnes sentent sans limites et elles sont prédisposées à aimer sans retenu :
- Les personnes qui savent vraiment ce qu’elles veulent, sentent sans limites ; leurs intentions ne sont pas dirigées uniquement par une activité centrée que sur soi-même.
La clarté de leur intention les invite à faire de véritables rêves, les invite à réaliser de véritables désirs profonds ; désirs libres des influences mercantiles, publicitaires, religieuses, politiques, sociales, culturellement correctes ou à la mode…
Ces personnes sont libres des influences culpabilisantes et stérilisantes exercées par la société...

Par exemple : quand Martin Lutter King a déclaré : « J’ai un rêve ! » (I have a dream !), à l’évidence, ce rêve n’était pas égocentrique ; il résultait d’une sensation globale des choses. Ce rêve émergeait avec son désir profond de démanteler l’illusion d’une humanité divisée. Illusion sur laquelle reposaient des pratiques sociales et ‘des lois’ qui entretenaient cette division horrifiante et les évidentes souffrances associées. Son action n’était pas programmée, il y mettait tout son être, sans retenu ni calcul sécuritaire ; il n’agissait pas dans le seul but de soigner, ou gérer, ou confirmer ‘une image de soi’.

5.- Ces personnes développent l’écoute de l’autre et une communication vraie :
- Lorsque nous nous intéressons sincèrement aux autres, une dynamique naturelle s’établie qui nous permet de sortir de nos modes de pensée et de nos mécanismes récurrents. Des dialogues ouverts et non-jugeant s’instaurent dont naissent la variété, la surprise et l’éventuelle découverte des valeurs partagées.

6.- Ces personnes se sentent motivées et persévèrent dans l’action :
- Les personnes naturellement confiantes et autonomes ne se découragent pas facilement, car le sentiment intime de leur existence et de leur légitimité n’est pas subordonné à l’obtention de résultats ; et encore moins à l’obtention de résultats imaginés à court terme.

7.- Ces personnes ont le sens de l’humour :
- Elles sont connectées avec leur joie de vivre car elles ne prennent les événements trop au sérieux ; elles ne s’accrochant pas aux fausses images de ‘soi’ et aux images de ‘comment devrait être le monde’. Elles reconnaissent que la plupart des réussites résultent d’une gestion dédramatisée d’échecs successifs…
Dans l’un de ses meilleurs films, Anthony Quinn, jouant Zorba le Grec, se lance éperdument dans la construction d’un téléphérique. Basil, son patron, lui fait confiance, mais c’est un échec total. En constatant le désastre, Zorba éclate d’un rire, lui aussi total, comme tout ce qu’il fait. Son patron, conquis par tant de liberté et de joie de vivre, demande à Zorba de lui apprendre à danser le sirtaki…

Chères lectrices et chers lecteurs, il en est sûrement parmi vous qui se reconnaissent dans l’un ou plusieurs de ces ‘états d’esprit’. Cette liste est loin d’être close et chaque paragraphe, pourrait inspirer un chapitre sur la conscience sans définitions ni limite, sur la conscience non-duelle préalable à toute définition de soi.

Comment incarner pleinement notre potentiel et notre joie de vivre ?
- Par l’écoute et la reconnaissance de nos désirs essentiels.
- Par la clarté de l’intention qui guide nos actions vers nos objectifs.
- Par la confiance en soi que se trouve dans la reconnaissance de notre véritable nature.
- Par la motivation, la détermination, la persévérance qui aplanissent les obstacles.
- Par le sens de l’humour dans nos réussites ou nos échecs.
- Par la capacité d’écoute et de présence à soi-même et aux autres.
- Par l’autonomie qui nous permet de sentir sans limites.

Comment suis-je autonome ? Comment ne le suis-je pas ? Comment je fais pour obtenir tel résultat qu’en fait je ne souhaitais pas ? Quel ‘moi’ m’empêche d’atteindre ce que je veux vraiment ?
Comment je me défini face aux autres ? Comment j’entretiens le doute de moi-même ?

Voila des questions fondamentales auxquelles vous pourrez apporter vos propres réponses…

« Soyez ce que vous ne pouvez pas, ne pas Être… »

- Prabhã Maillard Calderón et Bruno Maillard

Messages

  • Voilà un article qui permet de developper une plus grande autonomie à l’écoute de son enfant intérieur, le respecte de soi et des autres.
    Merci ! Mieux-Etre.

  • salut
    tout s apprend .même, la joie ! merci

  • Bonjour,

    Cet article m’a interpellée car je suis aujourd’hui dans un tournant de mon existence et je sens qu’il est grand temps de choisir une voie qui me mènera à mieux être et donc à mieux entrer en relation et surtout à retrouver cette joie de vivre dont vous parlez, cet enthousiasme indispensable.
    Mais pouvez-vous me conseiller des lectures en ce sens ?
    Ou organisez-vous des formations pouvant aider à atteindre cet objectif ?

    Merci pour vos informations,

    Cordialement et belle et heureuse année,
    Marielle

  • Bonjour,
    Vous pouvez contacter directement Prabhã Calderon, l’auteur de cet article. En cliquant sur sa signature vous trouverez ses autres articles et ses coordonnées.
    Bien cordialement,
    Benoît

  • Bravo pour ce partage !
    C’est ,à mon avis UNE ECOLOGIE INTERIEURE qu’il appartient à chacun de développer .
    Quand on se respecte soi-même,on respecte les autres ...et cela participe de notre croissance intérieure.
    Respect de SOI,des AUTRES et de notre ENVIRONNEMENT !
    Merci

  • Excellent article qui rassure et motive à retourner au MOI essentiel. Le vrai. Merci !

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