Chi Nei Tsang : ramener le chi dans les organes

Par Isabel Verhaeghe de Naeyer

Selon les taoïstes, les maladies dont nous souffrons sont causées par des énergies ou émotions négatives dont nous ne nous sommes pas libérés. La médecine occidentale, qui s’intéresse désormais aux liens entre le corps et la psyché, a (presque) fini par admettre ce postulat.

D’après le Tao, chacun de nos organes est lié à un type d’émotions. Les reins, par exemple, seraient le siège de la peur et du courage, les poumons celui du chagrin et de la joie, le foie est lié à la colère et au calme… Ainsi un excès de peur ou de stress peut déséquilibrer l’énergie des reins et inversement, des reins en souffrance peuvent induire un état d’inquiétude ou de stress perpétuel qui va épuiser l’organisme entier ; un foie perturbé provoque une humeur grincheuse, et une grosse colère peut, de la même manière, détraquer le fonctionnement du foie, etc.

Le Chi Nei Tsang, un massage très ancien des organes internes (intestins, foie, estomac, rate, pancréas, etc.) issu de la médecines traditionnelle chinoise, permet d’évacuer les énergies (ou émotions) négatives et les toxines emmagasinées dans ceux-ci, qui provoquent des blocages, empêchent leur bon fonctionnement, et affaiblissent ainsi l’organisme entier. Les moines taoïstes vivant isolés dans les montagnes l’utilisaient pour se maintenir en bonne santé et garder le niveau énergétique élevé nécessaire à leurs longues méditations.

Le Chi Nei Tsang utilise les principes du Tao et applique notamment les techniques du Chi Kung (ou Qi Gong). En travaillant sur l’abdomen par des touchers tantôt légers, tantôt profonds, il ramène le Chi (ou Qi) chacun des organes internes (foie, vésicule biliaire, rate, estomac, intestins, vessie, prostate, pancréas, mais aussi cœur, poumons et reins) soit par une manipulation directe, soit via des points reflexes. Il stimule ainsi tous les systèmes vitaux de l’organisme : digestif (amélioration de la digestion et du tractus intestinal), cardio-vasculaire (stimulation de la circulation sanguine et lymphatique), respiratoire, endocrinien, immunitaire, nerveux et urinaire.

Le patricien commence par des exercices respiratoires et de détente avant d’aborder la la stimulation des viscères, tout en approfondissant progressivement le toucher afin d’atteindre les racines des fascias.

Un des effets les plus directs de ce massage est la détoxification du corps par la stimulation des circulations lymphatique et sanguine ainsi que des intestins. Ceux-ci, contenant plus de 100 millions de neurones, sécrétant au moins 20 neurotransmetteurs identiques à ceux que l’on trouve dans le cerveau et produisant 70 à 85% des cellules immunitaires de l’organisme, sont aujourd’hui identifiés comme notre « deuxième cerveau », ou cerveau émotionnel, (non mental) du corps. Il n’est donc pas étonnant de constater que beaucoup d’entre nous souffrent de tensions occasionnant des douleurs abdominales, très souvent localisées dans le côlon et l’intestin grêle. Sachant que nos deux cerveaux sont reliés par le nerf vague et peuvent donc communiquer entre eux, on comprend qu’il est possible d’agir sur celui « d’en haut », en traitant celui « d’en bas » et vice versa. D’où l’efficacité du Chi Nei Tsang.

En révélant et réduisant les tensions accumulées dans l’abdomen – qui contient aussi nombre de ganglions lymphatiques, le Chi Nei Tsang améliore non seulement le tractus digestif mais renforce aussi le système immunitaire. De surcroît, comme estomac, foie, pancréas ou intestins ne s’occupent pas seulement d’assimiler la nourriture que nous ingérons et d’évacuer les déchets, mais également nos charges émotionnelles douloureuses, le Chi Nei Tsang favorise la digestion et l’évacuation de nos conflits internes non résolus. Ainsi, il travaille simultanément sur les plans physiques et psychosomatiques.

Enfin, puisque, selon les principes de l’ostéopathie, chaque vertèbre est liée à un organe, le Chi Nei Tsang peut même contribuer à réduire des douleurs dorsales.

Cela dit, s’il constitue une aide précieuse, il n’est pas une panacée (si tant est qu’il en existe). La santé est une conjugaison de multiples facteurs et le résultat d’une hygiène de vie globale physique, mentale et - pourquoi pas ?– spirituelle tout à la fois.

Isabel Verhaeghe de Naeyer