Communauté thérapeutique

En consultation, le patient parle à propos de ses problèmes mais ne peut rapporter que la vision dont il a conscience, or les conflits proviennent le plus souvent de comportements inconscients. Il ne peut donc en parler, ce qui laisse le thérapeute dans l’obscurité, et encore moins les modifier.

En communauté, les mêmes problèmes se répètent dans un contexte où tout les participants peuvent les voir et les faire voir à la personne concernée de manière progressive. Cette personne peut alors tenter des comportements plus appropriés, avec l’aide du groupe.
Par exemple, si quelqu’un ne répond pas aux demandes qu’on lui fait en communauté, il peut découvrir pourquoi il est seul dans sa vie. Ou si quelqdun ne tient pas ses engagements vis-à-vis des autres membres, il peut comprendre comment il se retrouve souvent sans emploi.

Ce qui frappe quand on visite des maisons communautaires, c’est leur variété. Il peut s’agir de maisons publiques attachées à un hôpital, de maisons privées, ou encore de centres de jour ou de nuit. Les travaux communautaires pour la subsistance journalière (repas, entretien de la maison, etc.) varient selon les communautés, ainsi que les thérapies de groupe ou individuelles, effectuées dans la maison ou en dehors, les ateliers et les méthodes thérapeutiques de base (psychanalyse, systémique, Gestalt, Analyse transactionnelle, reparentage essentiellement).

Il est important de créer une maison où la vie quotidienne est aussi proche que possible de la vie ordinaire. Il est ainsi préférable d’avoir une communauté réduite de cinq à dix personnes, mixte, demeurant dans une même maison. Les thérapeutes sont régulièrement présents ou, si possible, habitent également dans cette maison.

Les participants prennent en charge la gestion de la maison (courses, repas, entretien), organisée par un responsable qui se propose pour accomplir cette tâche pendant une semaine.

Le groupe se réunit chaque jour pour aborder les comportements concrets de chacun dans la vie communautaire, ici et maintenant : passivité, dépendance, domination, responsabilité, agitation ou action, colère, rejet, tendresse, etc.

La confrontation des comportements et la proposition d’attitude alternatives deviennent habituels entre les participants tout au long de la journée. Ce sont des leviers thérapeutiques majeurs qui seraient difficiles à mettre en oeuvre autrement.

Certaines communautés organisent aussi des séances d’auto thérapie (ou interthérapie) pour compléter les séances journalières avec le thérapeute. Eun des participants prend alors le rôle d’animateur et dirige des exercices écrits ou sur cassettes proposés par le thérapeute en fonction des besoins de chacun.
Les exercices sont très variés : relaxation, méditation, exercices corporels, yoga ; travailler sa peur des autres, ses projections et ses introjections ; apprendre à s’affirmer, parler de soi, dialoguer, exprimer sa tendresse, résoudre timidité, agressivité, passivité, etc.

La durée d’un séjour thérapeutique varie de quelques semaines pour une dépression simple à quelques mois ou même plusieurs années pour des troubles plus profonds tels que délire ou psychose.

André Moreau
Gestalt thérapeute Communauté thérapeutique "Y voir clair"

Bibliographie
-  "Ils sont devenus mes enfants", Jacqui Lee Schiff (USA), Interéditions, 1985.
-  "La Gestalt thérapie, chemin de vie", André Moreau, éd. Maloine
"Des Thérapies nouvelles pour les psychotiques", Revue "Somatothérapies", octobre 1990.
-  Relate l’expérience de différentes communautés thérapeutiques belges et étrangères, "Renaître par I’Amour", Jacqueline Carey Lair et Dr Walter Lechler (Allemagne), éd. Delachaux et Niestlé, 1991.

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