A propos de la pétition "Guérison défendue".

La médecine naturelle en danger : info ou intox ?

Par Isabelle Masson-Loodts

Une pétition circule en ce moment sur internet à propos des plantes médicinales : il y est question de la menace que fait peser sur leur usage une directive européenne. Alors, info ou intox ?

Vous avez certainement reçu ce message alarmant ou disons même alarmiste. Il circule sur le web depuis le mois d’octobre 2010, et depuis cette semaine, crée le buzz en Belgique et en Europe, transmis à toute vitesse sur les réseaux sociaux. Cet appel à pétition annonce que l’Union Européenne et les multinationales veulent interdire les remèdes naturels.

Cet appel semble émaner de l’ANH ou alliance pour la santé naturelle, et est relayé par divers sites et collectifs de citoyens…

Sur le site www.defensemedecinenaturelle.eu, on trouve un message audio qui s’adresse aux internautes en ces termes : « Madame, Monsieur, imaginez votre enfant ou votre conjoint gravement malade… Il existe un remède naturel et sans danger ni effets secondaires, qui pourrait peut-être le guérir… Mais l’Union Européenne vous interdit de l’utiliser. (…) » Je ne continue pas jusqu’au bout (il suffit de faire une petite recherche sur le web pour trouver le texte intégral, mais je ne poste pas d’adresse pour ne pas faire de pub inutile à des blogs qui diffusent sans la contrôler ce type d’info), mais cela vous donne déjà le ton de cet appel qui du coup, fonctionne à merveille, puisque la pétition que ce site invite les internautes à signer compte désormais plus de 72952 signatures…

On comprend qu’un message de ce type effraye beaucoup de monde. Mais est-ce qu’il est vrai que ces remèdes naturels sont menacés par la réglementation européenne ?

C’est ici que les choses se compliquent… Il y a toute une série d’éléments qui jettent le discrédit sur cet appel, ce qui pousse d’ailleurs certaines associations environnementales et personnalités du monde de l’herboristerie ou des médecines naturelles à se démarquer de celui-ci. On peut regretter tout d’abord le ton qui est pris dans ce message, et qui a des accents manipulateurs, et surtout les raccourcis dont le texte est truffé. Une des personnalités qui a réagi à ce texte est Thierry Thévenin, un Français, producteur de plantes, botaniste et enseignant qui se passionne depuis une vingtaine d’années pour la recherche, la pratique et la transmission des savoirs traditionnels et modernes autour des plantes sauvages alimentaires et médicales. Thierry Thevenin s’offusque notamment d’être cité contre son gré dans ce texte… Et sur le site web du Syndicat des simples, il analyse ce texte de façon intéressante.

Qu’est-ce qui ressort de ce décortiquage ?

Première rectification de taille qu’il effectue par rapport à ce texte : il est faux de dire que les plantes médicinales seront bientôt interdites en Europe. C’est la vente d’une plante en tant que médicinale (c’est à dire délivrée avec des indications thérapeutiques) qui sera interdite tant qu’on aura pas obtenu une AMM (autorisation de commercialisation) auprès de The Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Il s’agit de l’aboutissement effectif de la Directive N° 2004/24/CE du 31 mars 2004 relative aux plantes médicinales traditionnelle.

Donc, il est faux de dire que les préparations à base de plantes vont disparaître très prochainement ?

C’est faux. D’abord, la date butoire du 1er avril 2011, mentionnée dans l’appel à signer la pétition, est une date qui n’a pas lieu d’être mentionnée : la deadline pour la mise en oeuvre par les pays membres de cette directive sur les médicaments traditionnels à base de plantes (ou THMPD en jargon européen) est celle du 30 avril 2011. Et ensuite, au-delà de cette date, la vente de plantes qui n’ont pas obtenus d’autorisation de commercialisation restera possible sans indication thérapeutique… Chez nous en Belgique, elle est déjà d’application puisqu’elle a été transposée dans notre législation le 16 mai 2006.

En gros, ce que vous dites, c’est que les plantes peuvent être soit considérées comme des médicaments, et doivent donc obtenir une autorisation de vente en tant que telle, soit être considérées comme des aliments et compléments alimentaires ?

C’est exactement cela… Sur son site, la députée européenne Anne Delvaux, interpelée de nombreuses fois à propos de cette nouvelle directive rappelle que l’objectif de cette directive est « d’assurer aux Européens un ensemble de garanties car en 2004, de nombreux médicaments traditionnels à base de plantes ne répondaient pas au critère d’un usage médical bien établi avec une efficacité reconnue et un niveau acceptable de sécurité ». A ce sujet, on peut en effet se rappeler le scandale que firent dans les années nonante les cas d’insuffisance rénale sévère constatés chez un certain nombre de femmes ayant consommée des gélules à base de plantes chinoises. Ceci aussi fait partie de la réalité : on demande toujours plus de sécurité sanitaire, ce qui est bien légitime…

Mais alors pourquoi réagir lorsqu’une directive va en ce sens ?

Le problème, c’est que la procédure pour enregistrer une plante en tant que médicament est longue et coûte cher. Le texte de l’ANH cite le chiffre de 90 à 140 000 euros par plante. Thierry Thevenin ou Anne Delvaux ne citent pas de chiffres mais conviennent du fait que ce coût est important et peut représenter un obstacle pour les plus petites entreprises. Une autre députée européenne, Michèle Rivasi, qui tient tribune sur le site de Rue 89 et est très investie dans cette cause, estime quant à elle que le coût de la procédure d’enregistrement est d’au moins 60 000 euros par produit…

Tout le monde semble aussi s’accorder sur le fait que cette procédure dite « simplifiée » se révèle horriblement compliquée.

La définition du médicament traditionnel à base de plantes supposant comme préalable un usage depuis au moins trente ans, dont 15 au sein de l’Union européenne. Selon Thierry Thévenin, il aura fallu près de deux ans de travail de plusieurs dizaines d’experts représentants des 27 pays – du 23/11/2005 au 07/09/07 – pour que la commission HMPC1 ( The Committee on Herbal Medicinal Products) reconnaisse aux graines de fenouil commun (Foeniculum vulgare L. ssp. ) ses indications de drogue antispasmodique expectorante ou digestive, indications connues depuis des siècles dans les cultures populaires euro-méditerranéennes et chinoises. Le cas de la feuille de vigne rouge (Vitis vinifera L. ssp.) aura pris 3 ans : entamé le 31 octobre 2007, il a aboutit seulement le 15 juillet 2010. A ce jour, la liste communautaire des plantes autorisées comprend 149 plantes sur les 600 envisagées initialement par la Commission. Le nombre d’espèces de plantes médicinales s’élève à 20 000 dans le monde.

Le vrai problème est donc un problème économique : ce ne sont pas les plantes médicinales mais les plus petits acteurs de la filière qui sont menacés, puisqu’ils n’ont pas les ressources comme de plus gros groupes pharmaceutiques peuvent en avoir pour faire homologuer ces remèdes. Pour Thierry Thevenin, la situation serait plus complexe : ce seraient en fait les gros distributeurs de compléments alimentaires qui crieraient au loup contre les gros distributeurs de l’industrie pharmaceutique, et les petits producteurs se trouveraient au milieu du front de la bataille de ces deux géants… Certains suspectent en effet l’ANH de n’être autre chose que le lobby de défense des industriels de la phytothérapie (et il est vrai que le marché des compléments alimentaires représente un marché florissant pour ne pas dire juteux). Il n’en reste pas moins que la directive crée aussi des discriminations autres que sur base financière. Comme il faut apporter des preuves écrites ou scientifiques de l’efficacité des remèdes, ce système met hors circuit toute une série de remèdes transmis par des cultures orales.

Tout cela ressemble à ce qui se passe autour de l’ortie en France.

Les plantes sont vraiment au coeur des intérêts financiers en ce moment. En France, ce sont les PNPP (préparations naturelles peu préoccupantes ) comme le purin d’ortie, qui ont déjà focalisé le même type de combats (voir le récit et l’état de choses actuel sur http://www.aspro-pnpp.org/, je compte faire le point prochainement sur ce thème particulier). Or, dans la guerre de l’ortie, en donnant une nuance juridique à l’ortie et au purin d’ortie, il semble qu’il y ait une tentative de criminaliser l’usage et la diffusion des savoirs relatifs aux plantes…

Certains craignent que pour les plantes médicinales, on se dirige vers le même type de scénario. En fait, on est ici en face d’un problème qui apparaît pour d’autres ressources naturelles en ce moment : l’eau, les semences, l’ortie ou les plantes médicinales sont au coeur d’une lutte entre ceux qui souhaitent mettre un monopole commercial sur ces ressources, et ceux qui estiment qu’elles font partie d’un patrimoine universel… Dans son texte, Thierry Thévenin souligne d’ailleurs une faille importante de la Directive européenne en question, qui n’est pas citée dans le texte de l’ANH, et qui pourtant représente un problème crucial : il n’est nulle part question dans le processus de validation des ressources naturelles médicinales de leur disponibilité ni de leur durabilité, alors que la plupart des remèdes médicinaux à base de plantes sont encore en majorité issus d’une récolte sauvage…

Alors, finalement, que penser de cette pétition ?

Vous l’avez compris, le problème de cette pétition, c’est qu’elle est construite comme un texte de propagande. Il est dommage que ses effets d’annonce et ses raccourcis la discréditent, car la directive européenne en question semble représenter un risque pour les petits producteurs-herboristes qui sont aussi détenteurs d’un savoir et d’un savoir-faire, et qui en sont les premiers relais. Le seul mérite de cette pétition, c’est de faire parler de cette directive : il semble que le public se sente concerné par les médecines naturelles et leur devenir. Il est sans doute utile d’interpeller les politiques à ce sujet, mais en veillant à ce que cette interpellation ne soit pas récupérée par des groupes dont l’intérêt ne serait pas celui des consommateurs.

Thierry Thevenin quant à lui a décidé de ne pas s’associer à cette pétition, il préfère agir pour que les savoirs et savoir-faire de l’usage des plantes médicinales se transmette et se perpétue au sein de la population… Nature et Progrès Belgique a fait aussi savoir cette semaine qu’elle ne soutenait pas cette pétition.

(Lire cet article dans son intégralité)

Isabelle Masson-Loodts

Journaliste indépendante, Isabelle Masson-Loodts est tout naturellement attirée par les thèmes de l’environnement, du jardin, de l’éco-consommation.

Elle collabore depuis plusieurs années avec la télévision (Le Jardin Extraordinaire, Sans Chichis), la radio, la presse magazine (Tempo Verde, Nest, Le Vif, Gaël,…).

- Visiter le blog de Isabelle Masson-Loodts

Messages

  • Flute ! J’ai signé cette pétition un peu rapidement ... en effet on la voyait partout et beaucoup d’amis l’ont signée !
    Merci pour cet article qui fait le point sur la question.

    Martine

  • La guerre des lobbies se fait dans l’ombre et leurs méthodes sont particulièrement affinées. Pour preuve cette pétition montée de toute pièce en un piège dans lequel beaucoup sont tombés. Les réseaux sociaux sont une arme puissante pour le meilleur, comme dernièrement pour soutenir et permettre la révolte tunisienne, ou pour le pire comme cette pétition.

    Il nous faut plus que jamais être vigilants !

    Merci pour votre article.
    Jean-Charles

  • Merci pour ces éclaircissements. J’ai aussi reçu ce mail et en effet le site de la pétition est bizarre. On ne sait pas trop qui est derrière et le message est alarmiste. Le fait que Nature & Progrès et d’autres associations ne s’y soient pas associées aurait du attirer l’attention... malheureusement via facebook j’ai aussi signé :-(
    Et je ne vois pas trop comment retirer ma signature :-(((

    Cordialement,
    Françoise

  • Comme tant d’autres, j’ai signé et fait suivre cette pétition autour de moi mais ne le regrette pas vraiment.
    La pétition a le mérite de faire parler d’un problème qui, sans ce message, serait passé inaperçu auprès de la majorité des gens.
    Mais il était nécessaire d’en nuancer les propos et d’en rectifier les erreurs et raccourcis.
    Voilà qui est fait !

  • Bonjour,
    Je viens de lire votre article merci pour les nuances apportées.
    Avant de signer la pétition, j’ai attendu et lu quelques articles (je suis pas théoricienne mais j’aime me soigner par les plantes).
    Après lecture de votre article, je suis contente d’avoir signé cette pétition du pot de terre contre le pot de fer. Nous recevons beaucoup d’infos santé (et autres) et à la longue nous nous y habituons sans réagir.
    J’aime mes huiles essentielles, les préparations aux plantes du pharmacien, mes tisanes au thyn avec du miel... comme ma grand-mère.
    Blague à part, je ne regrette pas d’avoir signer bien qu’ayant vu que le ton de la vidéo était sensiblement dramatique et de pas adhérer à ce type de "manipulation" parfois c’est nécessaire de signaler des drames pour que les gens bougent.
    Bonne journée !
    Teresa

  • en effet j’ai signé et transmis à toutes mes connaissances de France et de Navarre, et même s’il y a quelques erreurs dans la forme, ou quelque déformation, l’info a le mérite de réveiller les consciences, et devrait faire réfléchir les gens sur leur façon de se nourrir, de se soigner, afin de ne pas gober les inepties des grands labos, et d’alerter nos politiques pour qu’ils se dégagent de la pression des multinationales.

  • Qui dit que c’est pas ce texte ci qui est une intox ? :)

  • J’ai signé la pétition parce que je me méfie des intentions réelles de l’Union Européenne, qui a déjà montré maintes fois que son souci est moins de protéger les citoyens que les industriels. Un exemple ? La limite du champ électromagnétique artificiel que les citoyens doivent légalement supporter jour et nuit tout au long de leur vie est de 100 microtesla. Je voudrais bien voir l’éternel sourire crispé de Baroso après deux jours d’un tel traitement. Autre exemple : la limite autorisée pour le champ électrique artificiel, qui est de 40 volt/mètre pour le gsm, et qui augmente même à 60 volt/mètre lorsque la fréquence est plus haute alors qu’au plus la fréquence est haute au plus les rayonnements sont énergétiques. Einstein a même reçu le prix Nobel pour l’avoir démontré. Mais les experts de l’Europe se soucient moins d’Einstein, enterré, que de l’ICNIRP, bien vivant lui. C’est une aberration meurtrière. Combien de jeunes décèdent tous les jours, malgré une prise en charge médicale qui consiste en chimio, antibiotiques, radiothérapie, mais jamais une simple cage de faraday !

    Vous travaillez pour la rtbf qui est la pravda de l’UE, et citez en exemple Anne Delvaux, ancienne présentatrice de la rtbf, mais quelle expérience de l’Europe a-t-elle ? Le CDH l’a catapultée, en brûlant tous les échelons que n’importe quel quidam inconnu doit passer lorsqu’il rentre en politique. Vous critiquez des petits détails insignifiants de la pétition (et dont je doute de l’exactitude, car c’est bien le 30 avril qui figure sur le site de la pétition), mais finissez heureusement par admettre qu’elle a le mérite d’informer les citoyens de l’existence de cette directive et de la nécessité d’interpeller les politiques. Avec des journalistes comme vous, on est obligé de lire de bas en haut.

  • Merci pour cet article.
    Ne serait-il pas opportun que vous fassiez une contre-pétition où ceux qui ont signé, un peu trop rapidement, pourraient annuler leur suffrage (sans être totalement contre mais en réaction à cet intox), c’est à dire que grâce à votre article il faudrait diminuer le nombre de personnes ayant signé la pétition originelle par le nombre de personne désirant annuler leur participation première ?
    Qu’en pensez-vous ?

  • De toutes façons, signer une pétition ne fait de tort à personne, c’est un choix, point ! Et il est vrai que l’Europe met des bâtons dans les roues de beaucoup de secteurs d’activité...... Voyons notre agriculture, trop de directives sont prises au détriment d’une gestion bien pensée ! Combien de temps a t-il fallu avant d’autoriser la culture de la "Stevia", plante au pouvoir sucrant bien supérieur et moins nocif que les produits utilisés actuellement ...... mais de puissants lobbys nous prennent en otage et profitent de bénéfices non négligeables...... le fric, toujours le fric.... et la santé de la population, rien à f..........! Dons signons les pétitions qui ont trait à notre bien-être et assurent, peut-être, l’avenir de nos enfants et petits-enfants ! Il est bien plus dangereux de laisser aller les choses sans réagir !!

  • Merci pour les précisions, moi aussi j’ai signé la pétition et ne le regrette pas.
    Info ou intox...ça me fait penser à la campagne H1N1 menée par les hautes autorités responsables de la santé publique...
    dont certains sont liés avec l’industrie..., alors qu’ont laisse le choix aux gens de choisir leur médecine.
    Joseph

  • Il est vraiment regrettable que personne ne parle de l’OMC et de L’AGCS, ces deux instances (qui ont déjà suscité nombres de pétitions, les manifestations de Seattle et autres création d’ATTAC) qui oeuvrent pour que les profits soient la règle contre l’éthique et la morale du bien faire, du bien soigner, du bien édiquer et que des pesonnes doutent encore que le danger est là et que la bienpensance consiste à semer les graines de la méfiance et non de l’engagement militant contre un monde qui néglige de plus en plus les faibles, qui défendent timidement les peuples qui se battent contre des tyrans, mais qui soutiennet les banques et nous disent que la vague bleu marine est en train de colore les consciences.... que quelques autres nous ouvrent les yeux sur un danger qui même s’il est exagéré n’est pas du domaine de la science fiction.. Réveillez vous et ne regrettez rien...!!!!. ou ce monde dont nous ne voulons pas sera pour demain...

  • et vous ne defendez mm pas le purin d ortie...c est dire ...l europe c est fait pour le fric...la preuve en est que les français continuent de mettre des S à euro... c est qu il en faut maintenant...comme la misère on peut y mettre des S...MAIS qu ils ne nous prennent pas encore notre jardin...dèja qu ils veulent foutre des ogm partout...c est pas prevu d être supprimé.. L ENGEANCE DE mONsanto...bizarre...non...à quand la suppression de la bière artisANALE ?

  • Ok, "c’est construit comme une propagande...",
    "...le seul mérite de la pétition c’est de faire parler de la directive européenne...",
    "...car la directive européenne en question semble représenter un risque pour les petits producteurs-herboristes qui sont aussi détenteurs d’un savoir et d’un savoir-faire, et qui en sont les premiers relais..."
    " Il est sans doute utile d’interpeller les politiques à ce sujet, mais en veillant à ce que cette interpellation ne soit pas récupérée par des groupes dont l’intérêt ne serait pas celui des consommateurs..."

    ça on a bien compris ! Mais vous proposez quoi ?
    Le risque pour les petits producteurs ne touche t il pas les consommateurs ?
    On croise les bras, on attend que la directive passe et c’est tout ?

    Même si cette pétition est alarmiste, vous diriez qu’il ne fallait pas la signer ?

    Moi je l’ai fait, je l’ai relayée et je ne regrette pas ! je suis content de voir que les gens réagisse vite et en masse !
    L’EU a voté l’utilisation de culture OGM sur son territoire. Si demain on vote la réglementation des plantes médicinales, j’aime autant être prévenu à temps et pouvoir agir !

  • Bonjour
    Je n’ai pas relayé cette pétition, pour plusieurs raisons
    - Je ne relaye jamais une pétition ou un mail avant de le vérifier une ou plusieurs fois sur d’autres supports (mais j’ai le temps, je suis retraitée)
    - Le ton alarmiste et dramatique, déjà relevé plus haut, s’adresse à l’affect plus qu’à la raison comme tous les hoax que l’on reçoit (et on comprend que c’est ça qui marche dans les mouvements qui se propagent rapidement)
    - Je l’ai découverte et reçue une dizaine de fois en 2 jours, de sources que je considère fiables habituellement, et par divers réseaux écolos. Mais j’ai estimé que la mobilisation si elle avait été lancée par un lobby sérieux de défense des plantes et des citoyens aurait dû circuler depuis plusieurs mois, voire plusieurs années (cf le temps qu’il faut à une circulaire européenne pour être étudiée et mise en place).
    J’ai fait partie du syndicat Simples et suis au courant des règlements. La première mesure à prendre serait de rétablir en France le diplôme d’herboriste supprimé par Pétain, après on verra.

    Cela dit, chacun s’engage dans le domaine qu’il veut, à des degrés et des niveaux différents, et suit qui il a envie de suivre. Tout ce qui pourra faire réfléchir sur le respect de l’environnement, les risques du nucléaire, la surconsommation des biens et surtout de l’énergie, et enfin le changement inéluctable d’orientation de notre civilisation, tout cela est bon à prendre.

  • Je joins ma voix à celles et ceux qui ont signé et ne le regrettent pas : c’est toujours mieux que rester sans réagir tandis que la chasse aux sorcières continuent (et ça ne date pas d’hier !) afin que les labos et autres diplomés assis sur leurs lauriers puissent continuer à s’engraisser sur notre dos sans bâtons dans les roues.

  • Merci, Isabelle de votre lettre/discernement.
    Nous agissons trop sous l’effet de l’impulsion.
    Lire aussi : http://barbaramai.over-blog.com/article-petition-contre-la-directive-europeenne-reglementant-l-usage-des-plantes-medicinales-69614405-comments.html#anchorComment

    Bien à vous,

    Eric Charlot

    ===============================

  • et bien et bien et bien....trop vite, il me semble, et maintenant !!!!?
    Qui sont les fameuses grandes MULTINATIONALES ?
    Je veux le savoir ou je ne sors plus de terre !

  • Bonjour,

    Phytothérapeute depuis 30 ans ; je l’ai enseignée pendant 20 ans à la Faculté de Pharmacie de Montpellier, pendant 10 ans à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon et depuis 10 ans, à Paris dans une association de médecines naturelles.
    Je pense, une fois de plus, que ce sont les "lobbies" pharmaceutiques qui veulent, comme toujours, "brider" les traitements par les plantes car phytothérapie et homéopathie leur prennent 33% des parts de marché... et les plantes ne sont pas brevetables...
    Interdire de donner les indications et les propriétés thérapeutiques des plantes revient à les interdire car qui achètera une plante sans savoir à quoi elle sert... Or, contrairement à l’allopathie, les plantes ont 7 000 ans d’utilisation. On connait donc leurs effets et leurs effets secondaires depuis 7 millénaires... (Pourquoi alors demander une AMM.), contrairement aux médicaments allopathiques qui enchainent les "scandales" les uns après les autres car les effets secondaires apparaissent parfois 20 ou 30 ans après (par exemple les cancers induits par le Diéthylstilboestrol chez les filles dont les mères avaient pris ce médicament...) et ils sont nombreux.
    La volonté de nuire à la phytothérapie est évidente. Rappelez-vous de l’interdiction en France du Millepertuis car, utilisant la voie du Cytochrome P450, il interférait avec d’autres médicaments. Curieusement cette interdiction était intervenue une année où il s’était vendu en Allemagne plus de gélules de Millepertuis que de Prozac... Curieux ! d’autant plus que ledit Prozac utilise également la voie du Cytochrome P 450, ce qui n’était pas mentionné dans les articles de l’époque.
    Cette "loi européenne" est d’autant plus dommage (comme d’ailleurs le déremboursement de la phytothérapie en général) que les effets secondaires de nombreux médicaments allopathiques font des milliers de morts chaque année (y compris par suicides), ce qui n’est pas le cas des plantes...Or, le remplacement des plantes par l’allopathie (ce qui est le véritable but de cette "loi européenne") permettra simplement d’augmenter le chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique et d’augmenter "ipso facto" les effets iatrogènes (effets secondaires) et les décès dus aux médicaments.
    Il y aurait encore beaucoup à dire... Mais en conclusion, comprenons bien que l’industrie pharmaceutique veut la mort de l’homéopathie et de la phytothérapie pour récupérer 33% de part de marché supplémentaire.
    Une fois de plus, il ne s’agit nullement de protéger la santé des gens. C’est, comme toujours, simplement une affaire de "gros sous".
    Cordialement.

  • Moi aussi j’ai signé et j’ai relayé, et je ne regrette rien ;
    Plus nous serons nombreux à nous indigner, moins les voyous n’auront de marge de manoeuvre ;
    Restons vigilants. Et je pose la question, avez vous vraiment confiance dans nos institutions ?
    Moi, de moins en moins.
    Alors je vais pétionner, pétitionner, et encore pétitionner....
    Je préfère çà à l’idée d’être un veau !

  • effectivement, la petition va un peu loin, cependant, ne nous trompons pas dadversaire. même si cette petition est exagérée, il y a tout de même un problème de liberté en jeux ..... "dormez mes bonnes gens, nous pensons pour vous" ;-)
    n’oublions que lorsqu’il y a eu une definition de l’osteopathie, les associations d’osteopathes ne se sont pas mis d’accord .... et donc c’est l’etat qui a legiferé.

    le principe est : depuis des milliers d’années,nous utilisons les plantes medicinales, alors refusons que qques technocrates à la bottes de lobbies pharmaceutiques, et autres ne nous imposent le contraires ....

    Yves

  • Comme beaucoup de mes amis et contacts, j’ai signé et m’en félicite ! Bien sur après avoir lu le texte, constaté les raccourcis et l’avoir trouvé un peu trop alarmant pour être totalement crédible ; Je l’ai signé cependant.
    Je pense qu’il faut s’unir pour montrer que l’on existe, et qu’en signant nous pouvons nous aussi récupérer cette pétition juste pour se retrouver moins seul et constater que les liens fonctionnent dans les réseaux sociaux et que le cas échéant, une autre fois, nous sauront que nous pouvons compter les uns sur les autres pour faire valoir nos idées. Les faire valoir autrement qu’en s’abstenant de participer aux jeux politiques et économiques. Le temps des abstentions peut-être laisse t-il la place aux prises de position individuelles unies dans un collectif de gens qui veillent au bien-être les uns des autres. Que cette pétition soit manipulatrice ou pas importe finalement peu, elle à le mérite de prouver que nous existons, apolitiques mais avec une opinion consensuelle : vivre plus sainement, plus librement. Le nombre des signataires le prouve. Restons vigilants et réactifs, sans être dupes des économies qui ratissent à tout les niveaux.

  • Merci Isabelle pour cet article. J’ai de nouveau reçu cet appel à pétition depuis une énième source.

    J’ai été gênée par le ton du message et l’absence d’informations quant à son émetteur.

    Aussi, j’ai réagi à ce sujet sur mon blog : http://barbaramai.over-blog.com/article-petition-contre-la-directive-europeenne-reglementant-l-usage-des-plantes-medicinales-69614405-comments.html#anchorComment
    Et un internaute m’a informée de votre article, que j’ai bien évidemment ajouter à mon propos, comme autre source de réflexion avant de signer cette pétition.

    Je vis une histoire d’amour avec les plantes !

    Aussi, pour connaître leurs usages, je chine des informations à droite, à gauche. A vrai dire je suis gênée par le nombre de personnes qui s’improvisent herboristes ! En posant quelques questions, il s’avère que la plupart du temps, les informations données, contre rémunération, même minimes soient-elles, ne sont même utilisées par celui qui les délivre !!!

    Dans les savoirs traditionnels, il y a aussi des erreurs d’utilisation du fait de croyances ou superstitions.

    Pour information, en France, la question de réintroduire le diplôme d’herboriste a été abordé par le sénateur des Côtes d’Armor (Bretagne), question publiée au journal officiel du sénat le 17/03/2011.

    Puisqu’il s’agit d’une question à l’échelle européenne, je m’en vais ajouter ce qui se passe en Belgique.

    Bonne journée !

  • L’article a le mérite d’apporter un éclairage que le texte de la pétition, un peu racoleur certes, ne donne pas. Mais la pétition a le mérite de rassembler certaines personnes qui ne se manifesteraient peut être pas. A quand un lobbying pour rétablir le diplôme d’herboriste ? Nos pharmaciens d’antan étaient herboristes, on peut se soigner avec du bon sens et des simples, sans nuire ni à notre santé à long terme, ni à la planète qui ne sait plus digérer les tonnes d’antibio, etc... rejetés et utilisés à tout va
    Bien entendu, les labos pharmaceutiques se gavent et de plus en plus
    Alors gardons notre liberté, notre savoir et notre bon sens pour nous soigner, comme nous le souhaitons et défendons les petits producteurs qui travaillent avec amour et attention
    Proposons d’autres alternatives et ne dénonçons pas seulement

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