Le Neurofeedback

Autour des années ’60, les neurosciences ont connu un ‘coup d’accélérateur’ sans doute motivé par la sophistication du ‘tout électronique’ fortement sollicité par la recherche et la recherche spatiale en particulier.

Plusieurs corps de connaissances ont émergés, dont la neuro-cognition (ou neurosciences cognitives). Il faut savoir que la neuro-cognition a pour postulat central l’étude des processus mentaux activés par des mécanismes biophysiques et biochimiques localisés dans le cerveau. Ces processus mentaux, activés physiologiquement, sont responsables de nos pensées, de nos actions, de nos perceptions, de nos souvenirs, en un mot : de nos divers états conscients.

Il va sans dire que la neurocognition ne serait pas là où elle en est aujourd’hui sans la performance de l’imagerie cérébrale.

C’est l’imagerie cérébrale qui a eu l’audace de balayer un dogme pourtant établi depuis toujours : de la conception d’un cerveau rigide (linéaire, non dynamique), il est aujourd’hui établi que le cerveau est ‘plastique’ (dynamique, non linéaire). Pour dire les choses familièrement : « ah mais ça change tout ! ».
Pourquoi ? Parce que nous avons maintenant la certitude que le fonctionnement cérébral est en constante évolution et qu’il est même en mesure de contourner une faiblesse, une carence, un handicap en créant d’autres routes (connections synaptiques). Le cerveau n’est donc pas figé, il suffit de l’entrainer pour qu’il développe son potentiel. Il peut aussi apprendre à se corriger pour diminuer ou effacer un trouble. Le cerveau est ‘vivant’. Il faut en prendre soin…simplement en l’entrainant, l’entrainant, et l’entrainant encore.

Le Neurofeedback a pour mission d’entrainer le cerveau à optimaliser son fonctionnement. Créé dans les années ’60, sur la base des acquis en ‘biofeedback’, il reprend à son compte les systèmes d’observation de l’homéostasie (ou ‘état d’équilibre’). Un exemple : lorsque je régule ma respiration, je vois à l’écran que mon stress diminue et probablement mon taux de cortisol se stabilise sur la norme. Ainsi, les systèmes corporels reçoivent une information qui leur permet une rétro-action (ou correction), cette correction faisant baisser le cortisol.

Le Neurofeedback reprend l’idée mais l’applique uniquement au cerveau. L’homéostasie du cerveau (ou son niveau de bien-être optimal) est dépendant de l’équilibre entre deux classes de neurones : les neurones excitateurs et les neurones inhibiteurs. C’est le déséquilibre de forces entre ces deux classes qui provoquent troubles et inconforts. Ceci est suffisant à savoir pour comprendre la suite.

Le cerveau étant bio-électrique, il y a donc observation des ondes cérébrales et informations de celles-ci lorsqu’elles sortent de leurs zones de viabilité ou de variabilité excessive, corrections, rétablissement à un fonctionnement sain. Cela se faisait sur le plan conscient (comme le biofeedback) mais aujourd’hui, un physicien canadien, Val Brown, a mis au point une technique qui permet au Neurofeedback de travailler sans le support de notre conscience. Ca change tout ! Pourquoi ? Parce que nous le savons, la conscience ralentit le processus, zappe, oublie etc…. Le Neurofeedback ‘dernière génération’ travaille par le ‘non-conscient’, c’est efficace, rapide et surtout sans aucune erreur possible de sur-entrainement, ce point ayant été le grand problème des précédentes générations (souvent encore en activité actuellement, malheureusement… !).

Venons plus près du Neurofeedback et détaillons ce qui le compose.

Un peu à l’idée d’une chaine d’assemblage, le Neurofeedback est composé de plusieurs éléments inter-dépendants.

Il y a d’abord, l’électro-encéphalogramme dont l’unique mission est d’enregistrer les ondes électriques.

Ensuite, ces ondes électriques passent dans un logiciel au calculateur hyper puissant et rapide. Ces ondes cérébrales sont ‘classifiées’ en fréquences de 1 à 42 hz. Chacune des fréquences (ou groupe de fréquences) a une propriété physiologique, émotionnelle, cognitive. Elles sont détaillées sur le monitoring du neuropraticien.

Un troisième élément d’importance (et qui va vous surprendre) est une source ‘son’. Une musique, au choix du patient, est écoutée. Cette musique est en quelque sorte le véhicule d’information pour le cerveau. Car, est-il nécessaire de rappeler que le cerveau ne peut capter une information que par l’un ou plusieurs de nos cinq sens. La musique actionne l’ouïe.

Confortablement installé, le sujet écoute la musique. Pendant ce temps, l’activité neuronale est captée, analysée et si nécessaire informée. Comment, le cerveau est-il informé ? Très simple…si j’ose dire !
Lorsque l’activité neuronale est en équilibre, le cerveau est en état de relaxation, la musique suit son cours.
Mais dès qu’une turbulence est signalée par le processeur, le software donne l’ordre à la musique de s’arrêter un très bref instant. Que se passe t-il ? Le cerveau ‘surpris’ par cet arrêt subit, se met en état de stress (que m’arrive t-il, j’étais si bien… ?) et ‘cherche’ une solution pour retrouver son état homéostasique.
Il refait ses calculs algorithmiques (réponse d’orientation) et retrouve la voie de l’état de relaxation. Bio-électriquement, il s’agit de deux signaux sur un même neurone, ce qui implique le renforcement de la synapse. Lorsque cet ‘accident’ se reproduit à plusieurs reprises, biologiquement le cerveau comprend qu’il y a coïncidence entre le ‘stop musical’ et la ‘perturbation neuronale’. Au fil des répétitions pendant la séance et au fil des séances consécutives, le cerveau apprend à contourner l’obstacle et à produire un autre chemin neuronal qui sera renforcé de séances en séances, un peu à l’image d’une trace de skis dans la neige emprunté du matin au soir.

Le Neurofeedback a pour particularité de ne pas être une psychothérapie, ni une application médicale mais bien une neurothérapie. En conséquence de quoi, complète avantageusement tout travail thérapeutique.

Les troubles du comportement et de l’humeur sont excellemment pris en charge par le Neurofeedback.
Les troubles cognitifs tels que manque de concentration, de mémoire et d’attention se corrigent rapidement. Les troubles de l’apprentissage peuvent diminuer dès lors que les troubles cognitifs sont diminués. Certains troubles physiologiques tels que fatigue, insomnie, migraines sont pris en charge de manière très satisfaisante.

Très connu aux Pays-Bas, le Neurofeedback est encore peu pratiqué en Belgique mais l’intérêt pour cette thérapie douce et non invasive grandit.

François de Chevilly

Pour prolonger :
Une lecture : « Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau » de Norman Doidge (Belfond).

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Auteur : de Chevilly François -

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