Somatanalyse

Comme la psychanalyse, la somatanalyse propose une cure approfondie et prolongée (à durée indéterminée), personnalisée et singulière, axée sur la personne et sur l’origine de ses difficultés, non sur le symptôme. Elle se pratique en séance individuelle ou s’appuie sur la dynamique d’un groupe qui se réunit une fois par mois en atelier prolongé de week-end. Dans l’une comme dans l’autre, c’est l’émotion qui est accueillie, car c’est en elle que se réalise l’unité de la parole et du vécu. Elle privilégie et analyse le transfert et le contre-transfert avec l’analyste et les participants ; c’est pourquoi elle exige de la part du thérapeute une grande maturité et un intense travail personnel préalable.
L’unité de base du travail groupal, construite sur le cycle émotionnel, est la séance de 4 heures qui se répète plusieurs fois au cours de l’atelier :
- elle démarre dans le grand groupe verbal où se met en place la dynamique de groupe et où s’esquisse le vécu personnel ;
- elle passe au cercle rapproché où les sons et la proximité physique unifient le sujet et amplifient l’émotion ;
- puis le groupe éclaté primal offre la possibilité de vivre l’émotion dans toute son intensité, par le cri, le toucher, l’échange à deux ;
- enfin se reconstitue le groupe retrouvé convivial pour le partage et l’analyse.
La non-directivité laisse au patient l’entière initiative du travail, elle le met face à ses responsabilités : lui seul est à même de se changer et de se guérir. Seul le cadre (le lieu, la scansion temporelle) est défini à l’avance.
Les techniques pour accompagner le patient dans son voyage analytique sont diverses : aucune n’est imposée, elles sont des outils à la disposition du patient et du thérapeute. On travaille par le toucher, la voix, la respiration, les états de conscience modifiés, la tension et la détente, le mouvement... Si ces techniques privilégient le corps comme outil thérapeutique, la disponibilité du somatanalyste en fait un lieu où il est enfin possible d’aller vers les émotions profondes. Le travail sur le transfert, l’analyse des répétitions, des actes manqués, des lapsus verbaux et corporels amènent peu à peu le patient à une structuration nouvelle.
L’ignorance affective est la première et l’essentielle indication de la somatanalyse : la solitude, primaire ou secondaire, les échecs relationnels ou sentimentaux, l’absence de tendresse et d’amour, au delà des seuls manques de désir et de plaisir. La somatanalyse s’adresse aussi aux personnes refermées sur elle-même, à celles qui vivent coupées de leurs émotions et de leur corps ; aux personnes chez qui les inscriptions somatiques (troubles de la respiration, de la sexualité, de l’alimentation, du sommeil...) sont fortes, à celles qui souffrent d’angoisses ou de phobies. Les pathologies lourdes, d’origine psychiatrique, ne sont pas écartées.

Geneviève Liénard