Yoga de la Compassion ou Bhakti Yoga

Parfois, des nuages obscurcissent notre ciel, les nuages voilent le soleil, qui, cependant, est toujours présent….là-haut…un peu plus haut.. ! Que sont ces nuages ?
Nos souffrances, nos blessures anciennes,..la tristesse, l’amertume, la colère, la jalousie, le découragement… D’où viennent-ils ? Comment vivre mieux au quotidien ? Comment ne pas se laisser imploser dans ce tourbillon de vibrations désagréables ?

En prenant soin de vous avec amour et compassion pour arriver à la « dévotion » (bhakti) pour la Source de Lumière, d’Amour qui réside au fond de vous !

Le but du yoga est de nettoyer l’esprit et de le stabiliser. Pour parvenir à ce but ou au moins avancer dans cette direction, plusieurs voies sont possibles :
- Bhakti Yoga : sublimation des émotions en dévotion.
- Hatha Yoga :contrôle du mental par le contrôle de l’énergie.
- Raja Yoga :observation et contrôle de l’esprit, concentration.
- Jnana Yoga :(utilisation de l’intellect pour poser les vraies questions.
- Karma Yoga :détachement dans l’action)-.
- Nada Yoga : sons, vibrations, ...) [1]

La démarche

Entrer dans la pleine conscience. Ne pas lutter contre ce qui nous gêne, d’abord reconnaître. Ce qui ne veut pas dire cultiver nos blessures !
Mais les rejeter, ne pas vouloir les voir, entraîne à revivre sans cesse les mêmes difficultés, ou les mêmes souffrances. Si on ne comprend pas le message, il revient et crie plus fort pour se faire entendre.
Savoir qu’il y a en nous notre moi, notre ego, notre petite personne qui s’est formée tout au long de notre existence, au travers de nos joies et nos souffrances. Il y a des traces.
Ne pas nier cet ego, ni le « tuer », mais l’ouvrir à la Conscience.
Savoir aussi qu’il y a en nous, plus grand que cet ego, que ce moi. Il y a le Soi, l’Etre essentiel, notre nature de Bouddha, notre nature divine, le Grand Esprit, la Sophia..( à chacun suivant sa culture..).
Cet aspect de nous-même va prendre soin de l’autre partie. Les deux vont se rencontrer de manière à ne plus faire deux, mais une seule entité, c’est l’Unité retrouvée, notre vraie nature...
Deux ? il y a ce qui nous pousse à faire ceci et cela, et une petite voix intérieure qui nous dit souvent que cela n’est pas tout-à-fait O.K., mais on le fait quand même.
Pourquoi ? On ne sait pas, c’est plus fort que nous....c’est toujours comme ça !

Quand on est tout à fait en harmonie avec soi-même, ce tiraillement n’existe pas, n’existe plus. Ni avant, ni pendant, ni après un acte "juste".
C’est l’Unité, c’est l’accord avec notre Etre profond.

C’est un long chemin, mais c’est une route praticable.

Une étape sur ce chemin est de reconnaître au moment où elle surgit, cette "énergie d’habitude", cet automatisme, en lui disant : "ah ! je t’ai vu ! C’est toi qui est là ! C’est toi qui est revenu !".
On n’en est pas encore débarrassé ? Le sera-t-on jamais ? vraiment ? mais au moins ce n’est plus lui qui nous dirige systématiquement et totalement.

Nous allons essayer de nous approcher de notre souffrance (peur, jalousie, colère, amertume, déception, tristesse, énervement, habitude désagréable, identification à ...., maladie...) nous allons la prendre, la regarder, ne pas la fuir, voir ce qu’elle essaye de nous révéler, sa profondeur, sa beauté, son immensité.
Si nous restons entièrement avec elle, avec ce seul mouvement, la souffrance va cesser.
Il nous faut trouver le "point de douceur" au cœur de notre blessure, et y demeurer.
Etre blessé est une occasion merveilleuse de changement, plutôt que de résister au changement, ouvrons-nous et profitons de l’occasion . Sogyal Ringpoché.

Nous pouvons y aller ensemble, et nous y aider.

Il y a en nous des ténèbres, càd. la densité de la matière de notre incarnation, mais aussi la Lumière, ce qui nous donne vie, ce qui nous informe.
On a coutume de dire que nous sommes poussière et nous retournons à la poussière, mais on oublie que nous sommes aussi Lumière et retournerons à la Lumière

Méthode de travail

a) Concentration, méditation sur le souffle.
Bien placer la respiration : expirer à fond - inspirer naturellement.
Se centrer sur la respiration, ne penser à rien. Si une pensée vient, la laisser partir sur l’expiration.

b) Entrer en contact avec soi-même.
Prendre de quoi écrire, et laisser venir.
Quelle est la souffrance qui revient sans cesse.
Quelle est l’émotion qui surnage en ce moment : tristesse ? colère ? jalousie ? rancoeur ? culpabilité ?
Quels sont ou quel est le comportement qui revient sans cesse, et dont je dis après coup, zut, je me suis encore laissé(e) emporter.

c) Travail de pleine conscience :
Il s’agit aujourd’hui de regarder en face ce comportement, ce sentiment, cette énergie d’habitude.
Laisser s’exprimer pleinement l’expérience sans la poursuivre pour autant !
Il s’agit de l’accueillir avec bienveillance, avec compassion, car il s’agit de quelque chose de nous, que nous avons fait nôtre, qui s’est inscrit en nous soit dans notre corps, soit dans notre mental, ou notre psychisme.
C’est une information qui s’est bien incrustée.

La surface du lac de notre esprit est agitée, mais la profondeur de notre océan intérieur est calme et rempli de bonté naturelle.
Nous allons nous servir de ce fond là pour apaiser ce qui s’agite en surface.

Sur l’inspir :
Soyons accueillant(e) à cette construction mentale, cette habitude.
Je sais que la colère, la tristesse, voire la maladie est en moi..
Je sais que le bébé, le petit enfant en moi est en train de crier, de pleurer.
Bonjour ma colère…ou ma tristesse..ou ma peur…

Sur l’expir : compassion envers soi-même.
(Comme un grand frère qui ne condamne pas son cadet malheureux mais lui dit : cher petit frère, je suis là pour toi...)
J’en prends bien soin.
Je te vois....je te reconnais.(ma tristesse, ou ma colère, ou ma peur….)
Je te souris.(idem..).
Ne pas « lutter contre » mais accueillir l’émotion, la reconnaître, lui envoyer de l’Amour, et elle se calmera, elle se diluera, elle se transformera en Sagesse.

Le bébé ne pleure plus tout seul dans un coin.

(Lorsque chacun aura trouvé l’affect ou le comportement qui le domine pour le moment, laisser chacun s’installer dedans.
Ecrire quelques mots au sujet de cet affect, ce comportement.. Quelle est son origine ?
Dans quelles circonstances revient-il chaque fois ?
Bien le cerner, le nommer : colère, peur etc...)
Qu’est-ce que vous avez à lui dire : construisez votre petit mentra.
Si au lieu d’un affect, d’une construction mentale, il s’agit d’un comportement récurrent dont croit qu’il vient d’une personne : père, mère, ou autre (je me mets toujours dans les mêmes colères que mon père...)

Nous travaillons ensemble, chacun pour soi, quelques respirations.

Ensuite chaque personne va se mettre au milieu du groupe et va dire sa phrase et quelques mots à ce sujet - si elle le désire- ce n’est absolument pas indispensable, le travail peut se faire de manière strictement personnelle sans que personne ne soit obligé de s’exprimer verbalement. Il ne s’agit pas d’un groupe de « thérapie ».
Les autres se centrent en eux-mêmes dans leur Etre essentiel ( ce qu’il y a de meilleur en lui, ce qu’on sait de notre bonté, de notre compassion, et si on ne le sent pas, le dire simplement mentalement à l’intérieur de soi : "si je ne me sens pas compatissant en ce moment, je sais ou je crois qu’il y a en moi cette pure compassion).
On se prépare à soutenir, à accompagner la personne qui est au milieu.

Les autres respirent simplement au rythme le plus proche de la personne.

Sutra du coeur.

Si après un travail de ce genre, vous sentez, vous ressentez une sorte de bien-être, de soulagement, de gratitude envers l’autre, pour l’Univers, pour la vie....
notez, enregistrez bien ce que vous vous dites à ce moment là, relisez le de temps en temps en vous retirant au calme, méditez le : répétez-le en ressentant ce que vous éprouvez au fond de vous.. c’est votre sutra du cœur .

Relaxation dirigée.

On termine le travail par une relaxation en position couchée, relaxation dirigée où l’on est invité à envoyer un sourire, une pensée positive dans chaque recoin de notre corps.

Bibliographie :
- Thich Nhat Hanh : « La colère-transformer son énergie en sagesse » JC Lattes.
- Eckhart Tolle : « Le pouvoir du moment présent-guide d’éveil spirituel » Ariane.
- Patrice Gros : Reiki ouvrir le cœur, éveiller l’esprit » Ed. du Rocher.
- Thierry Janssen : « Le travail d’une vie » Robert Laffont.

Merci à Myriam Krings pour la rédaction de cet article.

[1Source : abepy : association des enseignants et pratiquant du Yoga.